Conseil Jeu Responsable


La Fondation canadienne du jeu compulsif (FCJC) a été fondée par Tibor Barsony, lui même joueur compulsif. Il s’agit de la première jamais créée au Canada. Depuis son origine, en 1983, la fondation est devenue le Conseil du jeu responsable. Celui-ci est parvenu à faire parler du jeu compulsif et de son addiction : il est désormais question d’un enjeu à dimension publique.

Changement de direction : prévention contre l’addiction aux jeux et sensibilisation

C’est en 1999 que la FCJC sort la publication Newslink : ces articles sur les tendances et nouveautés en matière de jeu sont lus par plus de 4000 lecteurs. Il s’agit d’une publication en ligne, permanente, qui paraît trois fois par an. La même année sort également Newscan, dont la parution hebdomadaire propose une sélection des nouveautés internationales sur le jeu compulsif et sur le jeu responsable.

En 2001, la Fondation change de nom : elle devient le Conseil du jeu responsable. En renommant ainsi la Fondation, elle exprime sa volonté de se diriger vers la prévention de l’addiction du jeu à travers la recherche, l’information et la sensibilisation des publics.
« Pendant longtemps, on ne trouvait pas de counselling pour les gens aux prises avec un problème de jeu, dit Jon Kelly, directeur général du Conseil du jeu responsable. La FCJC a travaillé fort pour faire reconnaître ce besoin et développer des ressources. C’est ainsi qu’avec un réseau de counselling émergeant en Ontario, nous avons pu redéfinir notre mandat et nos ressources vers la prévention et l’information. » Depuis 2001, les programmes du CJR ne cessent de se multiplier.

Zone limite : le Mois de la prévention de l’addiction au jeu s’étend désormais à travers 45 communautés, et touche plus de trois millions de foyers en Ontario.
Théâtre Jeunesse : avec des tournées tous les ans, le théâtre jeunesse a touché plus de 110 000 étudiants. Il a atteint d’autres provinces, telles la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l’Ile-du-Prince-Edouard et Terre-Neuve et Labrador.

Misez juste : le Conseil du Jeu Responsable a mis en place ce programme interactif pour les étudiants universitaires et pour les collégiens depuis 2001. Il a été proposé dans cinq provinces du Canada, et dans l’Etat de New York.
Grâce au soutien financier du Ministère de la Promotion de la Santé, le CJR a lancé en 2005 deux campagnes de prévention, « friends4friends » et « Gambling & You ». Le premier s’adresse aux amis de jeunes joueurs exposés aux risques de l’addiction des jeux, tandis que le deuxième vise les conjoints de personnes accros aux jeux.
Le Conseil du Jeu Responsable persiste dans son rôle de prévention contre l’addiction aux jeux à travers la recherche, l’information et la sensibilisation. « Depuis sa création, cet organisme s’est dévoué à identifier les besoins et à y répondre, dit Tim Hurson, président du conseil de direction. Dès le départ, le besoin le plus urgent était la sensibilisation. Bien que l’emphase spécifique pour cette sensibilisation ait considérablement changé avec les années, le besoin reste toujours le même. »

Il existe des organismes qui viennent en aide aux joueurs accros aux jeux. Ainsi, les regroupements de joueurs anonymes proposent des groupes de discussion, pour que les joueurs compulsifs puissent partager leurs ressentis, leurs expériences, et leurs problèmes quant à l’addiction aux jeux. Gam-Anon est une autre organisation internationale qui permet à ses membres d’échanger sur le problème de l’addiction aux jeux dont est atteint un de leurs amis ou un membre de leur famille.

Voici les différents services qu’ils offrent :

* un climat de confiance ou chacun peut exprimer ses soucis et résoudre ses problèmes
* des aides et des discussions sans jugement de valeur, où ceux qui sont directement concernés peuvent comprendre, encourager et soutenir les autres
* un sentiment d’unité, d’appartenance au groupe, d’amitié, et d’accueil pour ne pas rester seul face aux difficultés
* un nouveau moyen de faire face aux problèmes
de l’information et de l’orientation vers d’autres façons de traiter le problème, comme la littérature, les conseillers…

QU'EST-CE QUE LE JEU PROBLÉMATIQUE?

L'association Conseil Jeu Responsable a longuement analysé les problèmes de jeu. Le « jeu problématique », aussi appelé « jeu compulsif », est celui auquel on devient accro si on le pratique de façon excessive. Il provoque des conséquences négatives sur différents domaines de la vie personnelle, comme des problèmes de santé psychologique et physique, de mauvais résultats scolaires ou professionnels, des problèmes financiers, et des relations sociales conflictuelles.
Les joueurs devenus accros poursuivent leur habitude de miser de l’argent, même s’ils n’en n’ont pas les moyens. Ils vont jusqu’à être interdits bancaires, faire des emprunts pour continuer à jouer, ou encore à adopter des comportements qui ne leur correspondent pas habituellement.
L’addiction au jeu a beau gâcher leurs vies à différents niveaux, cela n’empêche pas les joueurs compulsifs de nier leur problème, de poursuivre leurs jeux dans l’espoir de regagner l’argent perdu, de mettre de côté leur vie sociale (famille et amis), leur vie professionnelle, et même leur propre personne. Ainsi, il n’est pas rare de voir des joueurs compulsifs mépriser leur alimentation, négliger leur sommeil ou arrêter de prendre soin d’eux. Le jeu compulsif peut toucher n’importe qui, quel que soit son âge, son sexe, sa nationalité ou son statut social.

CONSEQUENCES NÉGATIVES DE L'ADDICTION AU JEU

L’addiction aux jeux peut provoquer de nombreuses conséquences négatives, aussi bien sur le joueur lui-même que sur sa famille, ses amis, et sur ses relations sociales et professionnelles. Parmi ces effets néfastes, il faut citer :

Pour le joueur…

Problèmes de santé mentale – dépression, anxiété, stress, perte d’estime de soi, idées suicidaires, consommation accrue d’alcool ou de drogue, etc.
Problèmes de santé physique – insomnie, maux de tête, de dos, douleurs dans les cervicales, problèmes digestifs, etc.
Problèmes de soins personnels – mauvaise alimentation, troubles du sommeil, hygiène personnelle, aucun soin porté à son apparence physique, etc.
Problèmes sociaux – querelles, relations tendues, aliénation, séparation, divorce, abus physique ou mental, etc.
Problèmes financiers – perte de revenu, incapacité de payer les comptes, dettes accrues, faillite, etc.
Problèmes légaux – arrestations, incarcération (p. ex. suite à un vol, à une fraude), etc.
Problèmes à l’école ou au travail – difficultés à se concentrer, absentéisme, mauvais résultats, etc.

Pour la famille…

Crise financière – bien souvent c’est à la famille de prendre le relais, et de se porter caution pour les dettes du joueur compulsif. De l’endettement croissant, cette charge financière peut parfois aller jusqu’à la perte de propriété.
Manipulation – le joueur compulsif parvient, par le chantage par exemple, à obtenir d’un membre de sa famille qu’il lui prête de l’argent
Mensonge – le joueur accro trouve des prétextes pour justifier son comportement par rapport aux jeux.
Problèmes de santé mentale et émotionnelle – tels de fortes crises d’anxiété, ou de tétanie, dépression, tristesse, ressentiment, embarras, épuisement, doutes et perte de confiance en soi.
Problèmes de santé physique – insomnie, ulcères, problèmes digestifs, maux de tête et de dos, douleurs dans les cervicales, et tous les autres problèmes de santé liés au stress.
Problèmes d’estime de soi – comme une impression d’impuissance, d’insécurité, jusqu’à la culpabilité : le membre de la famille se sent responsable de l’addiction du joueur.
Problèmes de relations personnelles.
Déséquilibre des rôles – des enfants prenant soudain soin des parents, des parents qui surprotègent leurs enfants, des conjoints qui se retrouvent à assumer toutes les charges qui étaient autrefois partagées, et un manque d’intimité sexuelle et émotive entre partenaires.
Abus verbal ou physique – conduisant à des disputes, des relations tendues, l’aliénation, la séparation, le divorce, la solitude et l’isolement.
Perte de capacité de prendre soin de soi-même – les membres de la famille se consacrent parfois tellement au joueur compulsif qu’ils en viennent à négliger leurs propres besoins.

Pour les amis et collègues…

Manipulation – conduisant à prêter de l’argent au joueur compulsif
Mensonge – trouver des prétextes pour justifier le comportement du joueur.
Abus verbal ou physique – pouvant mener à des disputes et à des relations tendues.
Problèmes financiers – bien souvent, les dettes ne sont jamais remboursées.
Politique de l’autruche : faire comme si on ne voyait pas les modifications du comportement et de l’attitude pour ne pas s’engager dans les difficultés.

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