Le « joueur aux gitans », un joueur compulsif parmi d’autres…


L’histoire fantasque d’un joueur du casino Barrière de Toulouse soulève la question de la responsabilité des casinos dans les comportements compulsifs, débat brûlant à quelques mois de l’ouverture du marché.

Un joueur du casino Barrière de Toulouse vient d’être condamné à huit mois de prison avec sursis, et à rembourser les 91.000 euros qu’il avait retiré du compte de la société qui l’employait comme gérant. Jusque là, ce n’est qu’une histoire banale de détournement de fonds. Le problème, c’est que cet argent semble avoir été utilisé pour jouer – et perdre – dans le casino appartenant au groupe Barrière de Toulouse.

Le 17 janvier, monsieur X. arrive au casino de Toulouse dans l’après-midi pour jouer. Ce jour-là justement, une panne informatique lui permet de retirer de l’argent du compte de sa société sans être inquiété.

Quelques jours plus tard, le pot au rose est bien entendu découvert. Voici la version de notre joueur : il serait effectivement allé au casino, où il aurait dépensé 8000 euros, et puis il aurait repris sa voiture pour rentrer chez lui. En chemin, il aurait été attaqué par un groupe de gitans qui lui auraient volé son portefeuille, contenant des photos de sa famille, et qui lui auraient donné un téléphone portable. Le malheureux homme aurait ensuite été contraint, par les indications données par le téléphone, à retirer 83.000 euros des distributeurs automatiques, pour protéger sa famille.

Par manque de preuve, le tribunal n’a pas porté foi aux déclaration de cet homme et il a donc été condamné.

Cette histoire fantasque est typique de celles que racontent les joueurs compulsifs pour se sortir des mauvais pas. Même lorsqu’ils ne se trouvent pas devant un tribunal, il y a toujours des situations dans lesquelles ils doivent cacher la hauteur des sommes qu’ils ont perdues pour se tirer d’affaire, ou simplement par honte.

Ce qui est plus intéressant dans cette histoire, c’est qu’elle vient nous montrer une fois de plus qu’il faut davantage protéger les joueurs compulsifs et leur donner les moyens de se soigner. De nombreuses critiques ont été émises à l’encontre du casino Barrière de Toulouse, car il était clair que le personnel du casino voyait que les sommes en jeu devenaient excessives, et il aurait dû décourager le joueur de continuer.

D’ici peu de temps, le marché du jeu français va s’ouvrir. Mais pour obtenir une licence française, les salles de jeu devront suivre une Charte du Jeu, qui les obligera à « lutter contre la dépendance aux jeux ». Le problème, c’est qu’on ne sait pas « comment » lutter contre ce problème, et que l’ouverture du marché est elle-même en totale contradiction avec la protection du joueur.