Des croupiers sont licenciés pour faute professionnelle


Il y a un peu plus d’un an, en janvier 2007, trois croupiers du casino de Montréal (appartenant à la société Loto-Québec) sont licenciés pour faute professionnelle : ils recevaient des pourboires dans la salle des « gros joueurs », pratique admise dans le reste du casino mais pas dans cette salle, ce qu’il était clairement stipulé dans leur contrat de travail.

L’affaire a été soumise à un arbitrage, et finalement la décision a penché en faveur des croupiers : le licenciement était disproportionné et une suspension de plusieurs mois aurait été suffisante. Les trois croupiers retrouveront donc leurs fonctions d’ici peu. Mais que s’est-il passé exactement ?

Les croupiers des casinos sont triés sur le volet, et tout est fait pour garantir leur intégrité. Il faut dire qu’à force d’être entouré de tellement d’argent toute la journée, il devient facile de céder à la tentation. Ainsi, leurs uniformes sont dénués de poches, pour éviter qu’ils n’y glissent de l’argent. En revanche, ils peuvent, tout comme le reste du personnel du casino – serveurs, portiers, etc. –, recevoir des pourboires de la part des clients et des joueurs. Ils doivent alors se les partager entre tout le personnel à la fin de la journée.

Néanmoins, le problème se pose avec la salle des « gros joueurs ». Le casino de Montréal possède en effet une partie séparée du reste du casino pour ses meilleurs clients, ceux qui viennent parier des milliers de dollars sur les tables en trois minutes. Ces clients qui ne sont pas des joueurs compulsifs jouissent d’un véritable service VIP, ils peuvent boire et manger sans limites, et sont entourés des meilleurs croupiers. Auxquels ils ne peuvent pas verser de pourboires. Pourquoi ? C’est bien simple, vu les sommes en jeu, les pourboires peuvent facilement atteindre des sommes astronomiques. Difficile alors pour les croupiers de partager le magot avec tout le reste du personnel, qui n’a pas la chance de travailler dans la même salle.

Pour éviter ces inégalités, les croupiers de la salle « gros joueurs » ne peuvent tout bonnement pas accepter de pourboires. Mais nos trois petits malins avaient trouvé la manœuvre pour passer outre du règlement : afin d’éviter d’être repérés par les caméras, ils demandaient aux joueurs de glisser les billets dans les serviettes des repas, ou de les laisser aux toilettes. Une fois hors de vue des caméras, ils récupéraient leurs pourboires. C’est finalement tout de même grâce aux caméras que la direction a remarqué leur système un peu louche.

Loto-Québec avait donc licencié les trois hommes, considérant que l’image de marque du casino était en jeu, mais l’arbitre vient de décider de leur faire réintégrer leurs fonctions.

Les problèmes dans l'industrie du jeu au Canada seraient sur le point de se calmer avec un accords entre les employés et la direction des casinos du Québec .

Cette anecdote vous a donné l'envie d'exercer ce beau métier alors je vous conseille la lecture d'un article écrit par un de mes confrères, sur le métier de croupier . N'hésitez pas à vous plonger corps et âme dans ce métier si enrichissant.